Bourses canadiennes de la Francophonie

Je suis comorien et bénéficiaire d'une bourse de la Francophonie depuis trois ans. Je pense qu'il est utile de faire partager mon expérience d’étudiant au Canada aux Comoriens désirant postuler à une bourse de la Francophonie.

Depuis sa création en 1987 , le programme canadien de bourses de la Francophonie accueille chaque année un fort contingent d’étudiants boursiers originaires de 35 pays ayant en commun l’usage du français . Les boursiers viennent au Canada pour y faire des études de baccalauréat ( licence), de maîtrise ou de doctorat dans un domaine correspondant à une priorité nationale de développement.

La République Fédérale Islamique des Comores (RFIC) membre à part entière de la Francophonie bénéficie des bourses de cette organisation. Des Comoriens ont pu faire leurs études au Canada par le biais de ces bourses.

La sélection se fait à 2 niveaux. Chaque pays francophone bénéficiaire organise un concours national sur dossier. Chaque pays doit retenir les 16 meilleures candidatures: 8 femmes et 8 hommes. La parité entre les sexes est obligatoire; au départ, il faut favoriser l'égalité des chances. Les candidatures retenues sont envoyées au Canada pour concourir avec les autres candidats des 34 autres pays. Il n’y a pas de cota par pays. C’est un concours international, sur dossier.

La sélection au niveau international se fait da la manière suivante: au Canada, il y a 17 universités qui dispensent des cours en français. Chaque université délègue 2 membres pour le jury. Ces membres réévaluent tous les dossiers, ils attribuent à chaque dossier une note de 0 à 100% et c’est après cette évaluation qu’ils choisissent les heureux élus. Seuls les meilleurs passent.

Les Comores se singularisent des autres pays par une majorité de candidatures obtenant une moyenne inférieure à 60%. D'autre part Les Comores ne respectent pas les normes établies. Au lieu de 16 candidatures, les Comores envoient 60 à 100 candidatures. Elles obligent les gens de la Francophonie à faire le travail de présélection qui devrait être fait par les autorités comoriennes. Souvent, il ne reste aucun candidat de l'archipel après cette procédure.

En 1996, nous étions 100 candidats. 20 ont été retenus au niveau national et leurs dossiers transmis au Canada. Pour la première sélection 4 ont été choisis. Au deuxième tri, un seul candidat a été retenu.

Aucun Comorien n'a été admis pour les rentrées universitaires de 97 et 98. Les mauvaises notes et le non respect des normes par nitre pays ont été les causes. Pour la rentrée universitaire de cette année (1999), sur 60 dossiers comoriens, une candidate a été admise. Cette femme avait fait ses études au Canada en tant que Boursière de la Francophonie, et elle avait de bonne notes. Après ses études, elle était rentrée au pays où elle a travaillé à la Présidence à l’époque de feu le Président Mohamed Taki.

Pour la rentrée universitaire de l'an 2000 les formulaires de demande de bourse pour la se trouvent dans les pays francophones concernés. Aux Comores au ministère de l'Education. Espérons que l'actuelle ministre de l’éducation nationale va respecter les normes établies par la Francophonie en choisissant les meilleurs candidates et candidats comoriens qui ont le potentiel de concourir avec les autres candidats du monde entier.

Mohamed Ali Mohamed